L’autoroute de la Méditerranée
À Fuengirola, je retrouve des Sénégalais et des Marocains. Certains venus de loin, les autres d’en face, de l’autre côté de la Méditerranée. La route longe la côte calme des eaux de la Méditerranée.
Un décor touristique sans touriste
Des plages de sables sombres, des palmiers à la coiffe battue par le vent du large. Quelques pensionnés anglais, allemands font les cent pas sur les bords de mer. Le décor est bien là. Dans la plupart des villes du bord de mer, des constructions en chantier. Des grues surplombant les villages et les clubs de vacances.
Nerja, parc national de la Sierra Almjiara
Rendez-vous est pris avec un journaliste du Diario Sun, le principal quotidien de la province de Malaga. Nous nous retrouvons à une station-service. C’est un peu incongru mais amusant.
Nous devisons de la mobilité du futur. Il s’étonne que les policiers rencontrés permettre que l’engin emprunte la Nationale, réputée dangereuse.
La Rabita
Un accueil tout particulier réservé par des pêcheurs agriculteurs qui me reçoivent dans un bar à tapas, très bruyant. Les voix fortes, la télévision, les serveuses qui tentent de surmonter les autres voix. Ici les tapas sont gratuits. Tous les déchets se jettent au sol. Ce n’est plus le cas dans les établissements des cités balnéaires. Nous parlons de la pêche qui a bien évoluée, des travaux des champs qui se sont mus en emplois sous les serres des grandes exploitations qui couvrent le paysage de plastique. Leur village a bien changé en moins de quarante ans. Celui-ci semble pourtant quelque peu préservé.
Almerimar, des blocs touristiques, des serres et des illégaux
Des champs de serres plastifiées s’étalent à perte de vue entre la plage et les premiers reliefs. Des kilomètres de plantations artificiellement irriguées et enrichies. Entre les serres, des travailleurs d’origine africaine et maghrébine. Ils ont réussi à traverser la mer, s’infiltrer dans les mailles du filet légal. Entre les serres, les implantations touristiques, faux villages typiques créés de toutes pièces où vivent quelques retraités perdus dans des stations vides. Ils croisent des clandestins dans l’indifférence mutuelle.
De la mobilité verte pour les touristes
À Roquetas del Mar, une station balnéaire proche d’Almeria, des Hollandais ont mis au point des voitures à pédales équipées de panneaux photovoltaïques. Une sorte d’attraction exotique utilisée le long de la digue. À l’aide de batteries de voitures, les engins conçus pour deux adultes et deux enfants peuvent rouler durant 6 heures selon le technicien rencontré par hasard au Boah, un club pour amateurs de voitures puissantes. Deux Maserati trônent sur le parking. Aux dires du barman, elles ne servent pas souvent… en raison du prix du carburant.
La journée s’achène avec une quinzaine de kilomètres parcourus sans batterie.
La Sierra de Gata, un parc en bord de mer
Le lendemain,
Un agent du parc m’arrête après avoir largement photographier le VEAH lancé sur la route. Il est interdit d’exploiter des images du Parc. Je lui fais remarquer que ce type de paysages existe au Maroc sur plus de 500 km et qu’il ne contient aucune espèce endémique rare. Il n’a pas l’air commode. Je lui explique les buts de l’association « Optimistes sans Frontières ». Cela n’a pas l’air de le dérider. Il prend mon passeport et l’enregistre. Il semble faire du zèle devant deux personnes qui l’accompagnent. Sans doute des étrangers venus en visite dans le parc.
Las Neigras, fin de la route, impossible de poursuivre. Il faut faire demi-tour vers Nijar. La route est très belle. Idéales pour le VEAH, de larges voies filent dans des décors de western plantés d’algaves.
Rencontré à Carboneras, dans un parc, Pedro parcours le monde avec son vélo depuis 13 ans. Il a perdu un fils de 23 ans, sa femme s’est convertie à l’Islam, il possède un vélo avec une remorque. 80 kg de charge, c’est toute sa maison. Il bénéficie d’une aide de l’état jusqu’à 65 ans, ensuite c’est l’allocation de retraite.
Il n’a pas de portable, ni d’adresse fixe. Il dit que les portables sont localisés au gps par les policiers pour arrêter les maraudeurs. Il raconte qu’au Portugal, les municipalités offrent pour quelques centimes d’euros, des sanitaires, des douches. De l’Afrique, il se souvient des « femmes chocolat » et des « herbes odorantes ».
En terme de mobilité propre et d’impact environnemental, on ne peut pas faire mieux. Par contre, ce sont les aides sociales qui lui permettent de vivre son errance.
Il va passer la nuit dans l’une de ces nombreuses ruines de pueblos désertés.
Xavier Van der Stappen, Almeria, Andalousie, le 17 avril 2009
- Communiqué 1 - Sidi Ifni, Maroc, le 11 février 2009
- Communiqué 2 - Nouakchott, Mauritanie, le 19 février 2009
- Communiqué 3 - Dakar, Sénégal, le 24 février 2009
- Communiqué 4 - Bissau, Guinée-Bissau, le 3 mars 2009
- Communiqué 5 - Ziguinchor, Casamance, Sénégal, le 7 mars 2009
- Communiqué 6 - Saint-Louis, Sénégal, le 12 mars 2009
- Communiqué 7 - Koungheul, Sénégal, le 17 mars 2009
- Communiqué 8 - Saint-Louis, Sénégal, le 21 mars 2009
- Communiqué 9 - Djawling, Mauritanie, le 25 mars 2009
- Communiqué 10 - Nouakchott, Mauritanie, le 27 mars 2009
- Communiqué 11 - Bou Anouar, Mauritanie, le 31 mars 2009
- Communiqué 12 - Essaouira, Maroc, le 6 avril 2009-04-08
- Communiqué 13 - Tanger, Maroc, le 12 avril 2009
- Communiqué 14 - Gibraltar, le 14 avril 2009
- Communiqué 15 - Almeria, le 17 avril 2009